Une semaine de plus

Il me reste un peu plus d’une semaine avant que je doive rentrer aux États-Unis, et ça me rend triste.
J’ai parlé avec d’autres gens qui sont prêts à rentrer à New York, et c’est juste en discutant avec eux que j’ai compris que mon amour pour Paris est plus profond qu’il est pour d’autres.

Il s’ensuit que mon plan provisoire pour la vie après avoir fini l’université est de m’inscrire à une école de droit à New York, ajourner une offre pour un an, et revenir à Paris pour être au pair ou enseigner l’anglais…mais comme on dit, les gens font des plans et Dieu rit. Ma mère d’accueil m’a dit que c’est « l’homme propose et Dieu dispose » en français.  Je peux le nier, mais la vérité est que je ne sais pas quand je pourrais revenir en Europe.

Alors, je suis en train de décider comment passer mes derniers jours ici, et c’est un vrai dilemme. J’ai rayé presque toutes les choses comme musées, restaurants, ou expériences touristiques de ma liste, et je ne veux pas courir d’une rive à l’autre « comme une poule sans tête ».
Donc, j’ai décidé que je vais simplement savourer le peu de temps qu’il me reste avec mes amis ici sans la pression de faire quelque chose de spécifique. Je vais boire du vin, rire, flâner, et faire de bons souvenirs avec eux dans les cafés médiocres. Mes amis sont loin d'être médiocres, et je me fous du reste.
Je suis chanceuse parce que New York est le centre gravitationnel de l’univers, et peut-être, je verrai les français et les anglais que j’ai rencontrés ici un jour dans ma ville. Cependant, je ne reverrai jamais la plupart d’entre eux, selon toute probabilité.

« C’est la vie » est une bonne expression française pour répondre à mes plaintes, mais si devenir français signifie l’acceptation de ce point de vue…je ne pourrais jamais devenir vraiment française. J’ai trop d’émotions, et je suppose que c’est pourquoi j’ai aimé Paris si fortement dès le premier jour.

Daniela Lapidous, Columbia College