Double

Comme c’était Halloween, j’ai un petit conte de fée :

Comme une enfant, j’ai peur du noir.

J’ai passé le weekend d’Halloween en Normandie dans une vielle maison de ferme. En descendant les escaliers de ma chambre la dernière nuit, j’ai imaginé que j’étais suivie par des esprits malveillants. Plus tôt, ma tante et mon oncle m’a raconté l’histoire de la famille qui a habité dans la maison il y a 300 ans. Une famille de 11 personnes, qui dormait tous dans une chambre. A ce temps-là le sol n’était que la terre, le premier étage était pour entreposer le foin qu’on donnait aux animaux en hiver, vu qu’en hiver il n’y avait rien d’autre pour eux à manger. Onze personnes, et n’importe laquelle d’entre eux aurait pu demeurer comme un fantôme pour se venger contre les vivants de leur condition de vie malheureuse.
Mon but : le ciel, plein d’étoiles.

J’avais aperçu la belle nuit étoilée de mon fenêtre. On dit que les étoiles sont plus jolies à la campagne que dans les villes, mais c’est tout à fait diffèrent de voir de ses propres yeux. Immédiatement, j’avais envie de tomber dans le ciel. J’ai décidé d’aller me reposer dehors.
La nuit était silencieuse et sombre, sauf la voiture occasionnelle et éloignée qui passait. Il y a 300 ans, il n’y avait pas même ça. Le ciel, lumineux. Tout ce qui était en dessous, était noir comme de l’encre. Les arbres, les silhouettes noires, se profilaient. Même pendant que je me reposais, amoureuse du ciel, j’étais tellement nerveuse ; j’attendais qu’un monstre inaperçu me saisît. J’ai pensé aux contes de fées, aux lutins, vampires et loups-garous. J’ai pensé à un fermier épuisé qui traversait la nuit. Que pouvait-il voir par la lumière faible de sa lanterne ? A quelle distance aurait-il pu discerner le visage d’un autre humain ? A ce moment-là, j’ai compris pourquoi quelqu’un a imaginé les vampires.

Heureusement je suis rentrée dans la maison quelques minutes plus tard en toute sécurité. Mais le matin, je me suis réveillée avec une sensation bizarre, que tous mes souvenirs étaient légèrement déplacés vers la gauche, comme si j’avais été remplacée par un double….

double image

Texte Megan Wicks, Columbia University - Photo internet