In the Valley of Astonishment - Peter Brook

Le Théâtre des Bouffes du Nord se trouve entre Barbès et Stalingrad. C’est la rive gauche « propre » : un quartier surtout indien. Des restos et épiceries indiens bordent la Rue de Faubourg Saint Denis entre Gare du Nord et La Chapelle.

Le théâtre lui-même est vieux Paris. Il ne semble pas avoir être renouvelé depuis des années. Il est sous le direction de Peter Brook, metteur en scène anglais. Mon père l’admire beaucoup. Brook est tellement connu. Mon papa m’a recommandé de lire un de ses livres trois ans auparavant. Après m’avoir informé de la nouvelle pièce de Brook, il m’a envoyé une copie de son livre par poste.

J’achète deux billets. Ce jeudi, Gabby et moi nous asseyons à 21h pour voir The Valley of Astonishment, pièce anglaise écrite par Brook et Marie-Hélène Estienne. Une scène presque blanche se présente avec quelques chaises, un piano, un portemanteau, et d’autres choses. Les murs sont nus, le grand espace du théâtre s’impose sur la scène. Le spectacle, aussi, est minimaliste. Trois acteurs et un musicien jouent tous les rôles. L’un ajoute un manteau lorsque l’autre en ôte un pour différentier les personnages.

Le spectacle traite de la mémoire, et le narratif est fluide. Dans un moment, la pièce cible le personnage principal; puis soudainement il s’en écarte et passe à autre chose – un Magic Show, par exemple. Il s’adresse au public comme si celui-ci faisait partie du spectacle. La moitié du spectacle est un monologue. Le Magic Show devient, soudainement, un vrai spectacle de magie, interpelant le public dans les tours de cartes. Dix minutes passent, et la pièce continue.

Utilisant les tout petits symboles visuels pour créer de grandes images, et posant les implications au-delà de son intrigue, la pièce est un chef-d’œuvre de technique scénique.

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Texte Max Binder, Columbia University - photo by Pascal Victor/ArtComArtz