Noël à Paris

Il fait si froid que cela donne mal de tête.

C’est-à-dire il fait si froid que ceux qui ont une carence en fer devraient mettre deux paires de gants avant de quitter la maison. C’est-à-dire que c’est une température où les femmes portent de grands foulards et les hommes mettent leurs capuches. C’est-à-dire que c’est la température qui donnent envie aux gens de boire un chocolat chaud et de ne jamais quitter son lit.

C’est-à-dire que j’ai tellement froid que je dois porter trois couches de vêtements à l’intérieur.

Le pire c’est le vent. Il te coupe comme de la glace. Il te coupe comme un couteau. Il te coupe comme un couteau fait de glace.

De plus, les nuits sont trop longues. Le soleil ne se lève pas avant huit heures du matin. A cinq heures de l’après-midi, il s’est déjà couché.

Quand j’étais petite, j’aimais le froid. J’aimais porter des manches longues. J’aimais les pulls et leurs motifs. J’aimais les lumières sur les maisons et celles des lampadaires. J’aimais boire du cidre chaud et regarder les films à la télé et être avec mon frère. J’aime encore les pulls et le cidre mais les deux Paris et New York sont plus froids qu’à Fayetteville en Caroline du Nord et en tout cas j’en suis venue à apprécier l’été comme la saison la moins déprimante.

Mais comme Noël est dans moins d’un mois, il y a des lumières surtout, depuis octobre, en fait. Puisque on n’a pas Thanksgiving en France, et Halloween n’est pas vraiment une fête française, les magasins n’ont que Noël. Mon endroit favori c’est La Défense, une grande station de métro, RER, tram et des trains. Au-dessus il y a un centre commercial, et au-dessus de cela, La Dôme. J’avais bien remarquée que c’est dans les centres commerciaux que l’on ressent le plus Noël.

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Texte et photo, Megan Wicks, Columbia University