Merci les amis

Être entourée d'étrangers dans la ville des Lumières me fait apprécier Paris comme je ne l’ai jamais vu. Grâce à la possibilité d’étudier entre deux institutions à Paris, je rencontre des gens qui n’ont pas tous le même niveau de français. Certains parmi eux n’ont jamais visité Paris auparavant.

Un jour par semaine, je me retrouve parmi un cercle de jeunes adultes qui se sentent comme des inconnus parmi une foule d’amis à la fac. Il s’agit de Sciences Po Paris les mercredis matin à huit heures, une heure pendant laquelle la majorité des étudiants de Columbia à New York sont encore possédés par un profond sommeil. C’est à huit heures du matin que je fais deux de mes rencontres les plus remarquables depuis le début de mon semestre à Paris.

Emma, étudiante américaine de l’université Marquette se réjouît autant que moi de se retrouver parmi les français de Sciences Po. A la fin de la journée, on se lance pour une soirée au Trocadéro où l’on peut admirer la Tour Eiffel et manger des crêpes tartinées au spéculoos fondu. Grâce à Emma je saisis que la beauté de cette ville n’est pas un effet réservé aux touristes. Malgré mon attachement à la ville de New York, il n’existe aucun paysage comme celui de Paris entouré de lumières vers le coucher du soleil, quand la tour se met à clignoter.

Avec Martu, étudiante en échange de Buenos Aires, qui a passé tout juste un an à apprendre le français, je me transforme en tutrice et guide touristique volontairement. Mes connaissances, contrairement à ce qu’on peut penser, ne datent pas seulement de mon enfance. Grâce à la visite guidée du « Paris noir » par Kévi Donat, je lui raconte des histoires d’un passé autre et beaucoup plus lointain que le mien. Petit par petit, mon sens de l’orientation s’améliore tout autant que mes connaissances, mais c’est seulement grâce à des nouvelles rencontres que je les pratique.

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Texte et photo Judith Teboul, Columbia University