Les bébés

Texte écrit dans le cadre du cours de Practicum II

On n’aurait pas dû légaliser les bébés à la carte. Si on ne l’avait pas fait, aujourd’hui on habiterait un monde plus juste. Il n’y aurait pas ces couples riches qui choisissent génome par génome leur progéniture parfaite. Si on n’avait pas mis un prix sur les gènes, les couples pauvres n’auraient pas besoin de choisir entre le chauffage et cinq points supplémentaire de QI. On sait maintenant qu’une société avec des bébés à la carte, c’est une société sans mobilité sociale, mais à ce moment-là, qui aurait voté contre l’amélioration de la race humaine ?

Si on n’a pas légalisé le choix génétique, il ne faudrait pas décider avant conception si son enfant sera scientifique ou artiste, politicien ou chanteur. Ils auraient eu la possibilité de choisir leur métier après des années d’école universelle. Mais quelle école accepterait un élève sans test ADN maintenant ? On ne voudrait pas enseigner un enfant à dessiner si c’est un enfant à ADN mathématique. Les gens qui rejettent leur destin n’auraient pas être criminalisés non plus, mais si la société a besoin de médecins et si quelqu’un a la capacité de sauver des vies mais choisit de ne pas le faire, c’est un meurtrier, n’est-ce que pas ?

Néanmoins, la population serait beaucoup moins saine sans les bébés à la carte. Plus de maladie de Tay-Sachs, plus d’Alzheimer, et plus de mucoviscidose. Même les plus pauvres peuvent trouver des ONG qui paient pour la prévention médicale. Le gouvernement aurait dû subventionner l’élimination des maladies, mais il y avait trop d’opposition des groupes religieux qui croyaient que l’on se mêle des plans de Dieu et des progressistes qui avaient peur de l’eugénisme comme celui de XIXème et XXème siècles. 

Ces derniers n’avaient pas complètement tort ; sans le choix génétique, il y aurait un équilibre entre les sexes et la peau des riches ne serait pas aussi claire après tant de générations. La cour suprême n’aurait pas déclaré que la discrimination raciale est encore permise car il est raisonnable de penser que les parents qui n’ont pas payé pour la peau claire n’auraient pas payé pour l’intelligence. Les hommes qui kidnappent les femmes iraient en prison et pas à l’église, mais qui pourrait les tenir responsable quand il y a si peu de femmes à épouser ? Les critiques disent que tout cela, c’est à cause de la privatisation du choix génétique, mais qui aurait pu dire que le gouvernement ne déclarerait pas que c’est une maladie d’être noir ou déprimé ou petit ? 
      
Grace Alford-Hamburg – Columbia College