Le Lien

Parce que je reste forcement liée aux Etats-Unis, le décalage horaire entre les Etats-Unis et la France est une chose drôle pour ma vie quotidienne.

Par exemple, c’est plus difficile de parler avec mes amies qui restent aux Etats-Unis. Je ne peux pas envoyer un texte à midi si j’ai envie de parler et espérer avoir une réponse immédiate, car là-bas il serait 6h du matin. Le soir quand j’ai le temps pour une conversation longue c’est le milieu du jour pour eux. Et quand elles sont prêtes de parler le soir, moi je suis déjà couchée.

Le décalage horaire affecte aussi ma façon de regarder mes émissions de télé préférées. Normalement j’aime regarder les épisodes dès qu’ils sont diffusés, mais je trouve que c’est difficile d’être réveillée à 5h du matin. Je passe la nuit avec impatience et le lendemain pour ne pas voir les spoilers, je dois éviter les medias sociaux jusqu’à ce que je puisse regarder l’épisode. Je me suis déjà réveillée le matin et trouvé ma tante et son mari regardant les nouvelles. Grâce au décalage horaire, on pouvait regarder son discours de victoire en mangeant le petit déjeuner.

Il y a plusieurs nouveaux de séparation entre moi et la connaissance du président élu qui attend mon retour. Il y a la séparation physique, d’espace. En France, ce qui se passe aux Etats-Unis est loin, et ça donne une distance psychologique. Il y a aussi la séparation temporel ; le futur semble moins réel que le présent. Et il y a aussi la séparation d’incrédulité, qui donne même au présent un air irréel.

En même temps, je ne peux pas éviter le fait, car les français sont surtout intéressés par les États-Unis. J’ai eu déjà le déplaisir, en marchant dans la rue, de voir une image de couverture de Charlie Hebdo qui représente le président élu en train de saisir une femme entre les jambes. (C’est irréel aussi, d’être encore dégoutée par notre ami Charlie, mais cette fois beaucoup plus proche.)

lien image

Texte Megan Wicks, Columbia University - Image internet