(Last) Two Days in Paris

two days in paris

Je pars de Paris ce vendredi. Donc aujourd’hui, lorsque je suis entré dans la salle d’ordinateurs ce mercredi matin, j’ai demandé au groupe habituel d’étudiant-e-s, « Il reste que deux jours à Paris. Qui veut être mon petit-ami hypochondriaque ? »

Je rigolais. Malheureusement, personne ne trouvait drôle ma blague, comme vous ne la trouvez pas non plus. C’était obscur du début ; vous voyez que je faisais référence à un film de Julie Delpy nommé « Two Days in Paris ». Il s’agit de Julie, photographe parisienne qui passe quelques jours à Paris avec son petit-ami new-yorkais hypochondriaque qui ne parle pas français. Dans la blague, moi, c’était Julie. On a regardé le film pour le cours d’Academic Writing III, mais personne de ce cours n’était là ; ou, peut-être, la blague n’était pas drôle.

Je suis d’accord, c’était une bêtise. Mais maintenant que je reste dans ma chambre en y pensant , faisant plutôt mes valises que le tour de Paris comme les personnages l’ont fait pendant leurs deux jours, je me rends compte à nouveau, avec de la stupéfaction : oui, je suis maintenant Julie.

Quel renversement ! Il y a six semaines que j’ai annoncé ma compétence aisée de la langue française, mais ça n’en fait que deux que je me sentais vraiment chez moi à paris. Il y a douze semaines que je pensais de ma solitude dans une ville que je ne comprenais pas. J’étais le petit-ami de Julie ; je parlais français, mais je ne comprenais pas ce qui se passait autour de moi. Je n’aimais pas trop ni la courgette ni le fromage de chèvre. J’étais mal à l’aise ; étranger ; désespéré. Un semestre change tout ça. On se connaît mieux après avoir été étranger un peu.

Je quitterai Paris le lendemain, réfléchissant à mon temps, au fait que je ne suis plus touriste. La directrice de notre programme m’a fait remarqué ce matin que je parlais des concepts intellectuels en Français ; ce soir, le frère de ma mère d’accueil m’a commenté l’accent, qu’il a dit était vachement bien. Maintenant, je suis Julie. Même si je quitte Paname pendant longtemps, elle m’accueillera toujours avec des bras ouverts.

Texte Max Binder, Columbia University, Photo du film internet