La Floraison

Les arbres sont en pleine floraison. Ici, assise dans le jardin de Reid Hall, il n’y a pas la moindre trace de nuages. Comme s’il avait été prévenu, Professeur McKelway, professeur du cours d’histoire d’art offert dans le cadre du Core Curriculum de Columbia College, a emmené sa classe au musée de l’Orangerie, dédié à Claude Monet.
Cette visite est chaleureuse — on se retrouve prioritaire car nous sommes un groupe, et en quelques minutes, on découvre les œuvres panoramiques de Monet, ses coups de peintures uniques et ses couleurs pastels. Étant donné que je ne suis qu'un seul cours les lundis, ma journée ressemble plus à un dimanche qu’à un jour en début de semaine.
Pourtant, j’apprends, je prends des notes et je réfléchis, pendant que le professeur nous laissent intervenir, tel qu’on le souhaite. On remarque l’usage de couleurs non-traditionnelles pour représenter des éléments de la nature. On s’aperçoit que les deux salles principales ne représentent pas les mêmes paysages.
Si je peux réfléchir sans limites, sans restrictions à la parole, alors je me demande si je ne souhaite pas simplement assister à des expériences instructives au quotidien. Mes expériences en cours d’histoire d’art ce semestre n’ont rien à voir avec celles auparavant. Ici, je suis face à l’art — il ne s’agit plus de la représentation d’un objet d’art mais de l’art lui-même. Sur un écran, ces images sont belles, mais on ne découvre pas leurs dimensions panoramiques — les coups de peintures disparaissent et une œuvre n’est plus qu’un objet partagé avec des tonnes de visiteurs virtuels. Ce que j’apprécie, alors, c’est peut être que chaque visiteur puisse marcher au long des tableaux. Peut-être que c’est l’intimité. Certes, voilà que Paris me fait réfléchir.

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Texte et photo Judith Teboul - Columbia University