La fin

La dernière séance de mon cours de dessin, j’étais en retard, comme d’habitude. Le cours ne commençait jamais à l’heure, donc il y avait peu de raison d’y arriver tôt, sauf peut-être l’opportunité de choisir une bonne place.

Il fait au moins 30 minutes en général en métro pour aller partout dans Paris. Pour moi, le cours de dessin est une exception bienheureuse. Ça fait 20 minutes à pied d’aller là-bas de la maison de ma mère d’accueil, et la balade était toujours bienvenue. Le chemin m’amène au-dessus de la Seine, le long d’une autoroute, à travers un parc, vert et beau, dans une rue, à travers un square pavé et devant un terrain de jeu ou des enfants jouent au football et crient sur la cage à poule. Puis droite, puis gauche et on est là. Devant la façade un groupe d'étudiants parlent et fument et moi, j’entre.

Le retour est sombre. Plus tôt dans l’année, quand le soleil ne se couchait pas avant 17h, je passais encore par le parc pour rentrer. Mais comme les jours raccourcissaient et le soleil se couchait plus et plus tôt, le parc se couchait aussi plus et plus tôt. Le temps que le cours en avant-dernier position est arrivé, je dois rentrer en marchant entièrement autour du parc depuis un mois.

Le retour est aussi sombre affectivement. Les enfants ont disparu. Le parc est fermé.

Ce dernier retour, j’étais plus consciencieuse qu'à la normale. Il n’y a que quelque gens qui restent. Deux qui parlent doucement sur un banc. Un autre qui marche plus loin, la tête inclinée. Et moi, je me suis sentie une tranquillité qui venait de familiarité et la connaissance de tout ce que je voyais et voyais pour la dernière fois. Et qui venait aussi des médicaments que j’ai commencé à prendre.

C’est un peu injuste, à mon avis, que la fin est toujours triste, surtout quand le début et le milieu était heureuse. Pour moi, la fin était au maximum douce-amère, mais je pense qu’à chaque instant il faut qu’on agit seulement avec les sentiments les plus beaux.

la fin

Texte Megan Wicks, Columbia University - Photo internet