La fête du printemps

J’ai eu l’impression d’être en vacances cette semaine. Qu’il s’agisse de diner à Saint-Germain-des-Prés à 21 heures à cause de mes cours qui se finissent tard, ou de passer un après-midi en plein soleil au Champs de mars en compagnie de baguettes, fromage de chèvre et d’amis venus des États-Unis pendant leurs vacances scolaires, je n’ai pas de quoi me plaindre. J’ai décidé de passer mon temps dans des quartiers que je n’ai pas l’habitude de visiter dans mon quotidien. Pour commencer, un café près du Musée Marmottant dans le seizième arrondissement, un quartier sans doute résidentiel, bien qu’il soit embelli par des jardins, des terrasses et une petite station de train du style typique « parisien ». Voilà que je me rends compte qu’avec des conditions idéales, je pourrais marcher des kilomètres à pieds avec le plaisir de découvrir Paris et de s’y repérer plus facilement en me promenant. Je me rends compte aussi que l’hiver est plutôt symbolique ici. Le ciel était gris — et pouvait le rester — toute la journée. Voilà des mois qui passaient et je faisais attention au monde tel que les réseaux sociaux le décrivait. Je n’ai pas vu grand-chose avec mes propres yeux et je me suis laissée emporter par mes propres pensées.             

Je vois que Paris en printemps est le temps idéal pour sortir. Je me rappelle qu’il n’y a pas que les études, même si c’est grâce aux études que j’ai pu voir Aya Cissoko parmi d’autres femmes sur la scène aux Plateaux Sauvages, une salle de théâtre moderne au sein du vingtième arrondissement. Cette même journée, je plonge dans l’inconnue et me jette vers l’expo de l’Atelier des Lumières. Au sujet des peintures de Van Gogh, on voit le printemps arriver. Les fleurs poussent, et voilà que je continue à découvrir la ville dans laquelle j’ai grandi.

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Texte et photo Judith Teboul - Columbia University