« Manque d’Apple »

L’automne vient à Paris comme s’il était un grand nuage qui se déplaçait pendant tous les mois précédents, arrivant peu à peu pour couvrir le ciel.

Je sens que le temps est beaucoup moins volatile ici qu’à New York. Ici l’automne arrive avec une chute imprévue des températures. Il suit un été tardif et annonce l’hiver deux mois en avance. Toutes les feuilles tombent des arbres en rouges, jaunes, oranges, et marrons, vague après vague, un couleur une semaine, un autre la prochaine.

L’automne à Paris vient avec la pluie, d’abord. Puis toutes les feuilles étaient marrons et par terre. Soudain, il y avait du vent qui me faisait frissonner. Mais tous ces événements n’étaient jamais notables. Un jour, ça arrivait, et plus tard on se rendait compte qu’il était là tout le temps.

Sûr, l’automne à Paris n’est pas du tout le pire. Mais il ne vient avec aucun des bienfaits de l’automne new yorkais – ni les couleurs, ni les jours étonnants de soleil et chaleur, ni la grande variété de pommes – et ni, tristesse immense, le cidre frais. J’admets, ces deux derniers faits obscurcissent mon jugement de l’automne Parisien. Les pommes et le cidre de la Nouvelle Angleterre sont si essentiels pour ma vie qu’elle me semble vraiment bouleversée en raison de leur manque. Normalement, j’attends les pommes pendant toute l’année. Paris ne remplit pas trop bien le vide.

Quand même, j’apprends à aimer ce que Paris m’offre pendant cette saison. Ma famille d’accueil cuisine les spécialités d’hiver : un grand saucisson plein de jus ; une sorte de fondue cuite dans un petit four. Et Paris assure qu’on peut s’asseoir à la terrasse des cafés pendant toute l’année, fournissant le chauffage pour les tables. Oui, Paris développe un autre genre de sympathie, je me dis, en appréciant la pluie de ma fenêtre. Je m’y habitue, comme toujours.

les pommes

Texte Max Binder, Columbia University - Photo Gabrielle Bullard, Barnard College